Cabinet de chirurgie orthopédique
Préverenges
Dr Marco Saglini & Dr Christophe Sadowski
Prothèse totale de hanche (ou PTH)
Comprendre l’intervention, ses bénéfices, ses risques et la récupération
La prothèse totale de hanche (PTH) est une intervention fréquente et très efficace lorsqu’une hanche est fortement abîmée (le plus souvent par l’arthrose). Cette page répond aux questions les plus courantes, depuis le diagnostic jusqu’au retour aux activités.
Déroulement de la consultation pour une douleur de la hanche.
Lors de la première consultation, l’objectif est de :
- Analyser vos douleurs et vos limitations.
- Poser un diagnostic.
- Évaluer votre état de santé global et vos attentes.
Le chirurgien vous questionne par exemple sur :
- Où vous avez mal, depuis quand, à quel moment (marche, repos, nuit).
- Votre périmètre de marche, l’usage de cannes.
- L’impact dans la vie quotidienne (déplacements, escaliers, sport, travail).
- Les traitements déjà essayés (médicaments, physiothérapie, autres).
- Vos antécédents médicaux et familiaux.
Un examen clinique complète l’entretien : observation de la boiterie, examen de la mobilité de la hanche, points douloureux à la palpation, examen de la musculature, évaluation d’une éventuelle différence de longueur des jambes. Recherche d’autres causes de douleurs tels le dos, une hernie inguinale, un problème neurologique.
Qu’est-ce que la hanche ?
La hanche est une articulation entre la tête du fémur et le cotyle (partie du bassin).
Elle est conçue pour permettre des mouvements amples et fluides, tout en supportant des charges importantes (marche, escaliers, activités).
Le diagnostic : pourquoi une radiographie ?
Quand l’arthrose est suspectée, l’examen de base est une radiographie du bassin.
Dans certaines situations (arthrose très débutante, doute diagnostique), une IRM ou un scanner peuvent être utiles. On peut parfois proposer une infiltration test (anesthésique local) pour confirmer que la douleur vient bien de la hanche
Qu’est-ce que l’arthrose de hanche ?
L’arthrose de hanche (coxarthrose) correspond à :
- Une usure progressive du cartilage.
- Des modifications de l’os.
- Des phénomènes biologiques avec une inflammation locale plus ou moins marquée et une production excédentaire de liquide articulaire.
Cela provoque une raideur, des douleurs au mouvement et/ou au repos, une boiterie.
représentation schématique d’une hanche avec de l’arthrose (coxarthrose) :
Les éléments caractéristiques visibles sur la radiographie sont :
-> L’amincissement puis la disparition partielle ou complète du cartilage.
-> La déformation progressive de la tête fémorale.
-> La formation de kystes osseux.
-> La formation d’ostéophytes (excroissances osseuses).
-> Une densification ou sclérose de l’os.
Les éléments biologiques non visibles sur la radiographie sont :
-> Une synovite (épaississement de la membrane synoviale recouvrant l’intérieure de la capsule articulaire de la hanche).
Pourquoi ça arrive ?
- Vieillissement naturel.
- Prédisposition familiale génétique.
- Anomalies anatomiques (ex. dysplasie).
- Séquelles de fracture.
- Contraintes mécaniques importantes (sports à impacts, métiers physiques).
La hanche peut aussi être endommagée pour d’autres raisons (plus rares) : nécrose de la tête fémorale, infection, maladie inflammatoire, etc.
Traitements : que peut-on faire avant la prothèse ?
Au début, les traitements sont le plus souvent conservateurs (médicaments, physiothérapie, adaptation d’activité, parfois infiltrations). Ces traitements peuvent parfois repousser l’échéance d’une prothèse de plusieurs années.
Lorsque l’usure est avancée et que les douleurs et le handicap persistent malgré ces mesures, la chirurgie peut être discutée.
Il existe parfois une option pour une chirurgies “conservatrices” conservant la hanche naturelle (selon l’âge, l’usure et l’anatomie), mais quand l’articulation est très abîmée, la solution la plus fiable est souvent le remplacement de l’articulation naturelle par une prothèse totale de hanche.
Qu’est-ce qu’une prothèse totale de hanche (PTH) ?
Une PTH remplace les surfaces articulaires usées :
- Cupule + insert côté bassin.
- Tige + tête côté fémur.
On distingue :
- Les pièces fixes : tige et cupule.
- Les pièces mobiles : tête et insert.
Les différentes combinaisons possibles:
De quels matériaux sont faites les prothèses ?
La tête de la PTH est soit en céramique soit en métal.
L’insert de la cupule est soit en polyéthylène soit en céramique.
Les matériaux utilisés pour les pièce fixes encrées dans l’os varient selon la nature de la fixation : cimentée ou non cimentée.
Actuellement la plupart des tiges et cupules non cimentées sont en alliage de titane souvent revêtu d’une couche d’hydroxyapatite (sur le schéma ci-dessus aspect gris-mat de la tige).
Les tiges cimentées sont en acier inox médical, aujourd’hui les cupules sont rarement cimentées, il existe des cupules cimentées entièrement en polyéthylène (l’insert et la cupule ne font qu’un) et des cupules en acier (nécessitant un insert) à cimenter.
Ce qu’on appel le ciment est en fait du polyméthyl methacrylate (PMMA), il s’agit d’un polymère qui durcit lorsque 2 composants sont mélangés.
Comment la prothèse tient-elle dans l’os ?
Deux modes de fixation :
- Cimenté (PMMA médical), donnant une tenue immédiate dès la fin de l’opération.
- Non cimenté, avec une surface poreuse ostéochonductrice (titane poreux ou titane recouvert d’hydroxyapatite) qui permet à l’os de s’intégrer progressivement à la surface de la prothèse. Pendant les deux à trois premiers mois après l’implantation de la prothèse, avant le collage biologique de l’os à la prothèse, la tenue est assurée par la pression qu’exerce l’os sur la tige et la cupule, à la manière d’un clou planté dans du bois.
Le choix dépend de plusieurs facteurs (os, âge, anatomie, etc.) et se discute au cas par cas.
Matériaux et usure : est-ce que ça frotte et s’use ?
Oui : comme toute articulation, une prothèse a des surfaces de frottements générant un peu d’usure.
Les combinaisons actuelles (on parle de couple de frottement) les plus utilisées sont notamment :
- Céramique – Polyéthylène
- Céramique – Céramique
- Métal – Polyéthylène
Les polyéthylènes hautement réticulé (HXLPE) modernes ont beaucoup progressé.
Le couple de frottement tête céramique articulée avec un insert en HXLPE présente une usure réduite de 0,01 à 0,05 mm /an contre 10x plus avec les anciens polyéthylènes.
Une tête céramique articulée avec un insert HXLPE donne de meilleurs résultat qu’une tête métal articulée avec un insert HXLPE.
Les couples de frottement tête céramique – insert céramique génèrent au minimum 10x moins d’usure que les couples tête céramique – insert HXLPE. Mais ils présentent un très faible risque de fracture de tête ainsi que de l’insert (0,2 %) et peuvent rarement générer un bruit lors de mouvements de la hanche.
Les couples métal – métal ont posé des problèmes et ne sont plus la référence.
Actuellement la tendance est de proposer un couple de frottement HXLPE – tête céramique pour un âge > 60 ans et un couple de frottement céramique – céramique pour un âge < 50 ans. Pour les quinquagénaires l’option doit être discutée au cas par cas.
Ce que la PTH apporte… et ses limites
Bénéfices attendus
- Disparition ou diminution majeure de la douleur.
- Amélioration de la mobilité.
- Reprise d’une vie quotidienne plus active.
- Reprise des activités sportives douces.
Beaucoup de patients “oublient” leur prothèse dans la vie de tous les jours.
Limites à connaître
Une prothèse ne recrée pas une hanche “neuve” identique à l’articulation naturelle :
- Certaines limites d’amplitude peuvent persister.
- Des sensations inhabituelles sont possibles, surtout lors de mouvements extrêmes, d’impacts importants.
Résultats variables selon les personnes
La récupération et le résultat fonctionnel peuvent varier selon :
- L’état musculaire.
- L’âge.
- Les maladies associées.
- La durée de l’enraidissement préexistant à l’opération.
- L’implication dans la rééducation.
Quels sont les principaux risques ?
Comme toute chirurgie, une PTH comporte des risques. Les principaux sont :
- L’infection (rare).
- La luxation (très rare si chirurgie par abord antérieur).
- La fracture du fémur autour de la tige (surtout les premiers mois en cas d’os fragile, de prothèse non cimentée et d’un impact).
- A long terme : usure et descellement possibles.
Le chirurgien vous explique ces risques et les mesures de prévention, en fonction de votre situation.
Combien de temps dure une prothèse ?
La durée de vie dépend notamment :
- L’âge au moment de l’opération.
- De l’intensité des activités.
- D’événements intercurrents (chute avec fracture, infection tardive, etc.).
- Les résultats peuvent aussi varier en fonction du modèle de prothèse, de la qualité de la pose et du couple de frottement.
Les registres de prothèses (dont le registre suisse) aident à surveiller la performance des implants dans le temps.
10 ans après l’implantation d’une PTH, la probabilité qu’elle soit toujours en place sans problème est d’environ 94%, pour de nombreuses personnes la prothèse de hanche dure toute leur vie.
Comment se déroule l’anesthésie ?
L’intervention est réalisée sous :
- Anesthésie générale ou anesthésie rachidienne (bas du corps)
En fonction de la situation médicale et après discussion avec l’anesthésiste.
Après l’opération : récupération et autonomie
Les principes généraux :
- Lever précoce accompagné d’un soignant si possible le jour même de l’opération.
- Rééducation à la marche en charge selon douleurs avec cannes.
- Entrainement à monter et descendre les escaliers.
- Consignes pour éviter certains mouvements à risque (surtout les 3 premiers mois).
Symptômes fréquents et le plus souvent transitoires:
- Douleurs musculaires ou osseuse de la cuisse (parfois genou).
- Fièvre modérée les jours suivant l’opération.
- Hématome (voussure de la cuisse, coloration bleutée de la peau).
- Zone endormie autour de la cicatrice.
- Cheville qui enfle (en particulier chez les personnes ayant déjà cette tendance avant l’opération).
Signaux d’alerte
Consultez sans tarder en cas de :
- Fièvre importante en particulier si accompagnée de : rougeur, d’écoulement de la plaie, de douleur importante et croissante.
- Impossibilité soudaine d’appui.
La question clé : quand décider d’une opération ?
La décision se résume souvent à une question simple :
êtes-vous suffisamment gêné et douloureux pour accepter une intervention importante, avec ses bénéfices et ses risques ?
Vous avez besoin d'un avis?
Prenez un rendez-vous, nous discuterons ensemble des différentes options et possibilités
Contactez-nous pour prendre rendez-vous
Appelez-nous au
021 625 20 20
Notre adresse:
Allée du Rionzi 1, 1028 Préverenges
cliquez pour ouvrir la carte
Pour votre confort, nous avons des places de parc réservées pour le cabinet